•  La bibli de l'oncle Benny

 

1943, dans le ghetto de Varsovie :

         « un combat pour la dignité, pour notre liberté et la vôtre »

 

5 mai 2013 par Commission Journal /

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

 

  

   Il y a soixante-dix ans, le 19 avril 1943, veille de la Pâques juive, le dernier carré de militantes et de militantes juifs, enfermés dans le ghetto de Varsovie, déclenchait l’insurrection. La rumeur fétide considérant que « les juifs sont partis dans les camps comme des moutons qui vont à l’abattoir », fait partie de cette mauvaise foi évidente, diffusée par la propagande antisémite. Les juifs et juives restés en Europe se sont retrouvé-e-s pris au piège, sur l’ensemble du territoire européen, où s’est exercée le joug nazi durant cinq années. Les chances de fuite étaient minces. Celles de se cacher et de se fondre dans les populations environnantes n’ont pas été plus grandes, d’autant que nombre de gouvernements étaient à la botte des nazis et que les populations autochtones étaient au mieux indifférentes, voire hostiles dans leur grande majorité au sort des juifs locaux. Quant à résister, encore fallait-il se procurer des armes. Et pourtant ! Le nombre de juifs et de juives engagés militairement dans le conflit 39-45 est certainement un des plus importants au regard de sa propre population. On connaît les actes de résistance de la FTP-Moi d’obédience communiste en France, les partisans dans les territoires russes occupés ou en Pologne, mais de façon plus anonyme, ce sont par centaines de milliers que des juifs et des juives se sont engagés, dans les armées régulières alliées qu’elles soient russe, américaine, anglaise avec un fort contingent venu de Palestine ou bien au sein des troupes de la France libre.

 

   Dans le contexte de cette immense bataille menée aux quatre coins du monde, l’insurrection du ghetto de Varsovie reste incontestablement le symbole le plus héroïque et le plus populaire car complètement improbable. En effet, une poignée de résistantes et résistants, sous-armé-e-s, enfermé-e-s dans un quartier du centre de Varsovie, séparé-e-s du reste du monde par de hauts murs, mais avec comme motivation, la hargne, la haine, le courage, a tenu tête à la « grande » armée du Reich pendant un mois. Dans ses mémoires, Marek Edelman, qui fut l’un des rares combattants à s’échapper, décrit ainsi la situation : « la défense du ghetto n’avait rien d’inattendu. Elle était la suite logique de quatre années de résistance d’une population enfermée dans des conditions inhumaines, humiliée, méprisée, traitée, selon l’idéologie des vainqueurs, comme des sous-hommes. Malgré ces conditions dramatiques, les habitants du ghetto ont, dans la mesure du possible, organisé leur vie selon les plus hautes valeurs européennes. Alors que le pouvoir criminel de l’occupant leur refusait tout droit à l’éducation, à la culture, à la pensée, à la vie, voire à une mort digne, ils ont créé des universités clandestines, des écoles, des associations et une presse. Ces actions qui engendraient la résistance contre tout ce qui menaçait le droit à une vie digne, ont eu pour conséquence l’insurrection. Celle-ci était l’ultime moyen de refus des conditions de vie et de mort inhumaines, l’ultime acte de lutte contre la barbarie et pour la sauvegarde de la dignité. » Le 12 octobre 1940, les nazis décident d’entasser les juifs de Varsovie et de ses environs dans le centre de la ville, et d’en murer le périmètre pour éviter toute évasion. Ainsi, 380 000 juifs (femmes, hommes et enfants) vont vivre dans des conditions inhumaines l’attente de leur départ pour les camps de concentration et d’extermination. La famine, les épidémies, le désœuvrement sont le lot quotidien d’une population juive humiliée par l’occupant nazi. Celui-ci sous-traite à un « Conseil juif » (le Judenrat) l’organisation du ghetto et sa police. Ces « collaborateurs » seront contraints de « fournir » les juifs, à partir du 22 juillet 1942, à destination du camp d’extermination de Treblinka situé à une centaine de kilomètres de Varsovie. Le président du Judenrat, Adam Czerniakow, ne pouvant accepter de livrer son peuple à la mort, se suicide ce jour-là. Entre-temps, une vie sociale s’est créée : sauvetage des plus démuni-e-s, comités d’immeubles, protection des enfants, écoles clandestines, etc. Quelques jours après débutent les déportations. Au total plus de 300000 juifs vont être envoyé-e-s principalement à Tréblinka où ils sont exterminé-e-s. Le 2 décembre 1942, les organisations progressistes, le Bund , les sionistes de gauche de l’Hashomer Hatzaïr, des Poalé Tzion ou de l’He’haloutz ainsi que les communistes et les syndicats décident de mettre de côté leurs divergences pour créer une structure unitaire de combat : l’Organisation juive de combat (OJC). La droite sioniste s’est agrégée au processus insurrectionnel de façon autonome mais peu coordonnée avec l’OJC. On estime à un millier le nombre des combattants du ghetto qui ont participé, à un moment ou un autre, à la lutte contre les nazis. Lors de la deuxième vague de déportations qui commence en janvier 1943, chargée de liquider le ghetto, la résistance armée s’organise. Un groupe de résistants fait reculer les soldats nazis, venus prendre leur quota de déporté-e-s. Surpris par la vivacité de l’autodéfense, les nazis vont attendre le mois d’avril avant de revenir à la charge. Les résistants et résistantes sont de très jeunes gens conscients qu’ils ou elles sont le dos au mur, préférant comme le dit le vieil adage, « mourir debout que vivre à genoux ». Bien implantés dans les structures de solidarité, ils ont réussi à avoir l’aval d’une population réduite à moins de 50 000 âmes pour mener ce combat à mort. Cette résistance va mettre à profit ces quelques mois pour fortifier le lieu. Les combattantes et combattants constituent de nombreuses planques appelées bunkers, créent dans les immeubles des cheminements en abattant les cloisons, sécurisent les caves. Leur armement est sommaire et acquis à prix d’or, auprès d’une résistance polonaise peu coopérative. Un peu plus d’une centaine de pistolets, une dizaine de carabines, quelques mitraillettes, 600 grenades et 15 kilos de plastic sont ainsi rassemblés ainsi que des cocktails Molotov qu’ils confectionnent eux-mêmes. Il leur faut donc compter sur l’effet de surprise pour prendre les armes à un ennemi suréquipé. Le 19 avril 1943, la Wehrmacht, trop sûre de sa supériorité, déclenche son offensive en entrant par la porte principale du ghetto. La direction de l’OJC, composée de cinq membres, donne le signal de l’insurrection. La déroute de la Wehrmacht se réalise au bout de trois jours. La Wehrmacht est alors remplacée par des troupes d’élite de la Waffen-SS : 2 000 hommes accompagnés de Panzers. Celle-ci met plusieurs semaines à éradiquer toute résistance. Le combat est acharné, les SS gagnent, une par une, au lance-flammes et à coup d’obus de char, chaque poche de résistance dans les immeubles. Une fois pris, les bâtiments sont immédiatement détruits. Les résistants et résistantes se suicident pour la plupart pour ne pas être fait prisonniers ou prisonnières. Les combattants et combattantes survivants des organisations ouvrières trouvent encore le moyen d’organiser une célébration du 1er mai au son de l’Internationale : « Dans le monde entier, à la même heure, sont prononcées les mêmes parole puissantes. Mais jamais encore, l’Internationale n’a été chantée dans des conditions aussi tragiques, dans un lieu où un peuple est mort et n’en finit pas de mourir. Ces mots et ce chant dont les ruines enfumées renvoient l’écho, témoignent que la jeunesse socialiste se bat dans le ghetto et ne les oublie pas face à la mort ». Le 16 mai 1943, la destruction de la Grande synagogue de la rue Tlomacki, asseoit la victoire nazie. Cependant, l’acte héroïque de ces combattantes et combattants juifs marque, à jamais, tous les esprits. Les unités SS ont exécuté 7 000 habitants et habitantes durant l’insurrection. Environ 7 000 périrent dans les incendies et destructions d’immeubles. Les nazis déportèrent les 30.000 à 50.000 Juifs restant, à Treblinka et dans les camps de travail polonais de Poniatowa, de Trawniki et de Majdanek. Une poignée de combattants et combattantes réussit à s’échapper par les égouts. Le commandant Marek Edelman du Bund qui en fait partie, consignera dans ses écrits biographiques tous les événements survenus lors de l’insurrection. Rappelons aussi que dans d’autres ghettos d’Europe orientale, la révolte populaire a couvé et parfois éclaté. Moins connus que Varsovie, les éléments radicaux du prolétariat juif ont fomenté la révolte à Vilna, Mir, Lachva, Kremenets, Czestochowa, Nesvizh, Sosnowiec, Tarnow ou Bialystok. Fait peu connu, des anarchistes juifs ont participé à la résistance dans le ghetto de Varsovie. Une revue, La Voix de la liberté, y a été publiée. Franka Hoffman Zgodzinska, qui appartenait à la Fédération anarchiste polonaise, a participé à l’édition de ce journal. Certains et certaines réussirent à s’échapper du ghetto avant qu’il ne soit rasé, c’est le cas de Pawel Lew Marek, Bronislawa Rolosniec-Frydman et Pawel Rogalski. Halina Lew, qui militait dans les années 1930 au sein d’un groupe d’activistes varsoviens d’anarchistes juifs, n’a pas eu la même chance, elle est morte dans le ghetto. Le libertaire polonais Bernard Konrad Swierczynski a joué les agents de liaison entre l’intérieur et l’extérieur du ghetto. Il s’est infiltré pour y apporter nourriture, vêtements et lettres. Aussi forte que fut la symbolique de l’insurrection du ghetto de Varsovie, son institutionnalisation, voire instrumentalisation, médiatique et historique dans de nombreux pays, nous n’oublierons jamais qu’elle fut avant tout populaire. Pour l’Alternative libertaire, cet acte glorieux ne sera jamais déconnecté de l’implication du prolétariat juif dans sa lutte contre tous les totalitarismes, en Russie contre l’autocratie tsariste en 1905 et en 1917, en Bulgarie à partir des années 1920, en 1936, en combattant auprès du peuple espagnol contre les armées franquistes, contre le nazisme, mais aussi pour ses éléments les plus éclairés contre la terreur bolchevique qui a mené aux purges antisémites staliniennes.

 

                                                                                                                                                                        Jean-Marc Izrine (AL Toulouse)

 

QUELQUES REPÈRES

 

  • 12 octobre 1940 : (jour de la fête juive de Yom Kippour), création du ghetto de Varsovie.
  • Juillet-septembre 1942 : les nazis déportent vers le camp de Treblinka 300.000 juifs du ghetto.
  • 12 octobre 1942 : création de l’Organisation juive de combat (OJC).
  • Janvier 1943 : les nazis tentent de reprendre les déportations. Un groupe d’insurgé-e-s les en empêche.
  • 19 avril 1943 : début de l’insurrection du ghetto, veille de Pessa’h, la Pâques juive.
  • 16 mai 1943 : l’armée nazie arrive à bout de toute résistance et détruit la Grande synagogue de la rue Tlomacki, pour marquer sa victoire.


Le Livre de Poche

Format : 11 x 17

Pages : 160

Prix : 6,10 €

 

Les Arènes

Format : 210 x 285

Pages : 170

Prix : 22 €

 

 

Éd de l’éclat

Pages : 424

Prix : 10 €

 

Ed 10x18

Format : 10 x 17

Pages : 304

Prix : 7, 50 €

 

  • Lune noire

          de John Steinbeck

 

Comment résister ?

 

Les échos de la guerre ne parvenaient qu'à peine dans ce village perdu au fin fond de la Scandinavie. Jusqu'au jour où les premiers soldats nazis apparurent au sommet de la côte. Quel comportement adopter ? C'est finalement une forme de résistance qui va prévaloir, malgré ceux qui, à l'instar du commerçant Corell, préfèrent jouer le jeu de l'occupant. Une résistance sourde, silencieuse, obstinée, animée par le maire Orden, et son vieil ami le médecin Winter, qui va d'abord contraindre l'ennemi à la terreur, puis l'acheminer peu à peu vers l'angoisse, le désespoir... C'est en 1942 que l'auteur de À l'Est d'Eden - plus tard prix Nobel de littérature - publia ce roman, édité clandestinement en France. Un huis clos où le village, cerné par la neige, apparaît peu à peu comme un microcosme de l'Europe confrontée à la barbarie totalitaire.

 

Jean Pavans (traducteur).

 

https://www.babelio.com/livres/Steinbeck-Lune-noire/45258


  • Les Racines de la Colère

          De Vincent Jarousseau

 

Le quotidien d’une France qui n’est pas « en marche »

 

Le photographe Vincent Jarousseau s’est installé à Denain, petite ville de 20 000 habitants dans le nord de la France, afin de suivre le quotidien de familles issues de milieux populaires pour qui la mobilité n’est pas toujours une solution. Pendant deux ans, il a donné la parole à des personnes le plus souvent invisibilisées dans les représentations médiatiques, et tenté de montrer les fractures qui menacent notre modèle démocratique. Il nous livre un documentaire en forme de roman-photo, où tout est vrai. Chaque propos a été enregistré et retranscrit à la virgule près.

 

http://www.arenes.fr/livre/les-racines-de-la-colere


  • L’art à l'état vif

        De Richard Shusterman

 

La place du corps.

 

L’art à l’état vif a paru pour la première fois aux Éditions de Minuit en janvier 1992, proposant une nouvelle théorie esthétique pragmatiste où, à côté d’un poème de

T.S. Eliot, s’affirmaient, paradoxalement et avec force, des formes de culture populaire, telles que le rap, le graph, le funk ou le hip-hop. Le livre fit grand bruit et permit de faire se rencontrer des esthétiques qu’on aurait pu croire étrangères les unes aux autres, mais qui se retrouvaient en fait dans une pratique artistique ouverte et dans une conception de l’art comme « art de vivre ». Le corps prenait également une place centrale dans ce livre, annonçant ce qui allait devenir le thème de l’œuvre à venir de Shusterman: la somaesthétique, discipline qu’il a développée ensuite dans plusieurs ouvrages, dont Conscience du corps (L’éclat, 2007). 26 ans plus tard, le livre reparaît en poche, enrichi de nouvelles préfaces et d'un appendice qui témoignent du chemin parcouru.

 

Traduit de l'anglais (USA) par Christine Noille.

 

http://www.lyber-eclat.net/livres/lart-a-letat-vif-poche-33


  • Hommage à la Catalogne

          De Georges Orwell        

 

Libertad

 

Découvert par le grand public en 1945 avec La ferme des animaux et bien sûr avec 1984 quatre ans plus tard, George Orwell marque par sa vision dramatique du monde démocratique et totalitaire de demain. La guerre d'Espagne à laquelle Orwell participa en 1937 marque un point décisif de la trajectoire du grand écrivain anglais. Engagé dans les milices du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM), le futur auteur de 1984 connaît la Catalogne au moment où le souffle révolutionnaire abolit toutes les barrières de classe. La mise hors la loi du POUM par les communistes lui fait prendre en horreur les méthodes criminelles des staliniens. Son témoignage au travers de pages parfois lyriques et toujours bouleversantes a l'accent même de la vérité. À la fois reportage et réflexion, ce livre reste, aujourd'hui comme hier, un véritable bréviaire de liberté.

 

https://www.babelio.com/livres/Orwell-Hommage-a-la-Catalogne--1936-1937/888003



Nada Éditions

Format : 13 x 19

Pages : 244

Prix : 18 €

 

 

Ed Allia

Format : 10x17

Pages : 128

Prix : 6,20 €

 

Ed Allia

Format : 10x17

Pages : 48

Prix : 6,20 €

 

  • Agissez par vous-mêmes

         De Pierre Kropotkine

 

Passez outre

 

À quoi pourrait ressembler une révolution anarchiste à l’échelle d'un pays ? C’est la question à laquelle tente de répondre dans cet ouvrage, inédit en français, Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien du communisme anarchiste.

L’auteur y expose les grandes lignes du programme antiautoritaire et les bases du fonctionnement d’une société libertaire appliquées à l’Angleterre où il réside alors. En dépit des changements économiques, politiques et sociaux, les propositions de Kropotkine, à plus d’un siècle de distance, restent des pistes d’une grande actualité.

Agir par et pour soi-même, sans intermédiaire et dans la solidarité, constitue sans aucun doute, encore et toujours, la voie à suivre pour parvenir à l’émancipation.                           Avant-propos, traduction et notes de Renaud Garcia.

 

http://www.nada-editions.fr


  • De la Magie

          de Giordano Bruno

 

  “Il y a analogie avec la situation de qui désire éveiller l'attention : à une certaine distance, il doit élever la voix, afin que ses propos parviennent par la voie auditive au sens interne de l'autre : alors que de près, il suffit de murmurer à l'oreille. Un démon n'a pas besoin de la voix, ni même du murmure : il pénètre directement le sens interne, comme on l'a dit. C'est ainsi que les démons envoient des songes, font entendre des voix et voir des choses étranges, mais aussi suggèrent à l'état de veille certaines pensées dont nous ignorons qu'elles nous sont dictées par une force extérieure, tantôt inculquant une vérité par énigmes, tantôt la signifiant plus nettement ; s'appliquant peut-être, d'autres fois, à nous tromper.” Philosophe majeur de la Renaissance, libre penseur et voyageur infatigable, Giordano Bruno (1548-1600) fut brûlé vif par l'Inquisition pour ne pas avoir voulu se repentir de ses "hérésies". Quatre cents ans après sa mort paraît pour la première fois en France cet opuscule qui résume son itinéraire intellectuel : métaphysique, cosmologie et gnoséologie se mêlent aux savoirs ésotériques de son temps.

 

https://www.editions-allia.com/


  • Lettre à un jeune partisan

          de Jean Paulhan

 

  “Qui donc a dit : – Notre parti au pouvoir, les autres partis en prison ? Mais bien sûr tous les partisans. Et le moins qu’il faille dire des partis, c’est qu’ils ne sont pas longs à prendre eux-mêmes un parti. Or c’est toujours le même qu’ils prennent : totalitaires, dévorants. Et par là bien plus proches les uns des autres qu’il ne semble. On s’étend volontiers sur l’opposition des partis, sur les abîmes qui les séparent, sur l’impossibilité où est un homme de droite de comprendre

un homme de gauche. On remarque moins à quel point ils se ressemblent, s’accordent : et, si je peux dire, n’en font qu’un.”

 

https://www.editions-allia.com/



Éd des Falaises

Format : 17x22

Pages : 96

Prix : 19 €

 

Anne Rideau Éditions

Format : 13x21

Pages : 552

Prix : 28 €

 

Ed Gallimard

Format : 14x20

Pages : 328

Prix : 12 €

 

 

 

 

  • Retour sur la Belle Époque

          Jacques-Emile Blanche, portraitiste

 

  Dans le cadre de la 3e édition du Festival Normandie Impressionniste et à l’occasion de l’exposition à Deauville « Jacques-Émile Blanche, portraitiste de la Belle Époque » (Le Point de Vue, 14 mai-18 septembre 2016), est publié : Jacques-Émile Blanche, portrait d’une société. « C’était un dessinateur du pinceau. Criant de vérité, [...] le visage apparaissait sur la toile en quelques minutes, comme dessiné au fusain, mais il y surgissait avec les couleurs de la vie, sans aucune préparation, et comme appelé par un magicien ». Ce bel hommage de François Mauriac rendu au talent de Jacques-Émile Blanche serait incomplet si l’on oubliait d’évoquer sa perspicacité à choisir ses modèles parmi les écrivains et les artistes de son époque. De Proust à Cocteau ou Stravinsky, il contribue ainsi à dresser le portrait d’une société.

 

http://editionsdesfalaises.fr/


  • Parlez-moi d’amour

          de Lucile Gubler

          et Anne-Marie Lotte

 

  Parlez-moi d’amour raconte l'amour fou qui a conduit jusqu’en URSS Anne-Marie, jeune pianiste de Montparnasse, sur la trace du sculpteur soviétique quelle avait épousé en 1932 à Paris. Juif, menacé par la montée de l’hitlérisme en Europe, Rabi rentre se réfugier – croyait-il – dans sa patrie. Par naïveté, Anne-Marie adopte sa nationalité et le rejoint en juin 1937, au paroxysme des exactions staliniennes. Piégée … Ainsi commence ce récit dans lequel le destin d’une femme se trouve dramatiquement mêlé à la guerre, à la famine et à la censure d’un régime liberticide. Anne-Marie connaîtra aussi l’extraordinaire générosité de l’âme russe qui la marquera à vie.

 

https://www.annerideau-editions.fr/


  • La vie et la mort

          de Buenaventura Durruti

 

  Si Hans Magnus Enzensberger a choisi de nommer " roman " cette vie de Durruti, ce n'est pas par excès de modestie, et encore moins par ironie. Un souci de rigueur l'y conduit, rigueur ni plus ni moins paradoxale que l'entreprise du livre même. S'en expliquant, l'auteur justifie du même coup le parti qu'il a pris de " raconter " cette vie par le seul moyen d'un assemblage de documents : extraits de reportages, discours, tracts, brochures, Mémoires, interviews de témoins survivants, sans jamais intervenir directement dans le récit. Roman de collage donc, reconstitution toujours fragmentaire, à la fois lacunaire et trop riche, " contradictoire ", toujours ramenée aux incertitudes scintillantes de la tradition orale : roman de Durruti, où l'Histoire apparaît comme " fiction collective ".

 

http://www.gallimard.fr/



Gallimard

Format : 10x17

Pages : 416

Prix : 10,20 €

Éd Allia

Format : 11x18

Pages : 144

Prix : 9,10 €

  • Plus de cent lettres

           de Théodor  W.Adorno

           et Walter Benjamin

 

  Cette correspondance éclaire les rapports entre deux des plus importantes figures de la vie intellectuelle du XXe siècle. Elle comprend plus de cent lettres, qui vont de quelques lignes sur des questions matérielles à de grands échanges théoriques, auxquels la forme épistolaire donne une liberté et une immédiateté uniques. Avec en toile de fond la montée du nazisme et les difficultés de l'exil, on voit passer dans ces lettres quantité de figures marquantes de l'époque, de Brecht à Scholem, de Bloch à Kracauer. Les travaux d'Adorno sur la musique et sur Kierkegaard, les notions centrales chez Benjamin - l'aura, le messianisme, la relation entre l'ancien et le nouveau -, la lente élaboration de son grand ouvrage sur les Passages, toute cette activité intellectuelle se trouve ici exposée avec le charme qu'apportent les notations sur la vie quotidienne et l'amitié entre les êtres.

 

http://www.gallimard.fr/


  • Fake

           de Giulio Minghini

 

  Suite à une rupture douloureuse, un jeune Italien installé à Paris s’inscrit, sur le conseil d’une ancienne maîtresse, sur un site de rencontres fondées sur les affinités culturelles. Il va découvrir une sorte d’univers parallèle, où la prétention intellectuelle est de mise et dont il sera vite le prisonnier. Traducteur désœuvré d’un roman de René Crevel, ce trentenaire, aux références littéraires bien établies, va, d’abord subrepticement, puis, bien vite exclusivement, consacrer son temps à la rencontre de femmes. À la fois roman picaresque et vibrant “j’accuse” porté au système spectaculaire qui envahit désormais la sphère des sentiments, Fake est surtout une chronique politiquement déjantée du nouveau désordre amoureux.

 

https://www.editions-allia.com/


Ed 10x18

284 pages

7,50 € Fnac

 

Ed Payot et Rivages

 9,20 € Amazon

 

Ed 10x18

304 pages

8,10 € Amazon

 

Ed Perrin

588 pages

 18,99 € Amazon

 

Ed Gallimard

128 pages

10,50 €

 

 

 


  • Le coeur est un chasseur solitaire

        de Carson McCullers

 

  Grand coup de projecteur sur l'actualité de Carson McCullers avec ce tir groupé d'inédits : une autobiographie dictée quelques jours avant sa mort, en 1967 ; un échange de lettres avec Reeves, le grand amour de sa vie ; et trois nouvelles. L'autobiographie bien sûr tient la vedette. On y découvre une personnalité entière, parfois naïve, d'une sincérité totale. La voix d'une femme qui resta toujours un peu enfant, et vécut par et pour la littérature, avec un engagement absolu. Il ne s'agit pas ici d'un travail d'écrivain – la griffe McCullers est absente de ces pages – mais d'un témoignage vibrant, soutenu par un enthousiasme et une vitalité profondément attachants. L'émotion s'approfondit encore à la lecture de sa correspondance avec Reeves, alors officier au front, en 1945. Lettres d'amour toutes simples et poignantes, où ne transparaît qu'en filigrane l'ambiguïté d'une relation chaotique et déchirée. Quant aux trois nouvelles brèves qui viennent en conclusion, on y sent un écrivain épuisé par des années de lutte contre la maladie, mais sa passion pour la justice demeure intacte, et c'est l'image d'une combattante inspirée par l'amour qui domine encore.

 

Editions 10x18


  • Des rêves comme des messages

         de Erich Fromm

 

  Tous, nous rêvons ; mais nous ne comprenons pas nos rêves. La langue symbolique est une langue où les expériences intimes, les sentiments ou les pensées sont exprimés comme s'ils étaient des expériences ou des événements du monde extérieur. Ce langage obéit à une logique dans laquelle les catégories fondamentales ne sont pas l'espace et le temps, mais l'intensité et l'association. C'est la seule langue universelle que la race humaine ait jamais élaborée, identique pour toutes les civilisations et à travers toute l'histoire. Cette langue possède sa grammaire et sa syntaxe propres.

Erich Fromm : "Comprendre le langage des rêves, c'est le moyen idéal pour se comprendre vraiment soi-même".


  • Dans la dèche

         de George Orwell

 

  Plus d’un bon esprit, à commencer par Henry Miller, juge que Dans la dèche à Paris et à Londres est, avant même 1984 et Hommage à la Catalogne, le plus grand de tous les livres d’Orwell qui écrivait pour sa part : C’est un récit bien banal et j’espère qu’on lui reconnaîtra à tout le moins les mérites qu’on reconnaît d’ordinaire à un journal de voyages. Je puis encore ajouter ceci : « Voilà le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou. Ce monde, je veux un jour l’explorer plus complètement. J’aimerais connaître des hommes comme Mario, Paddy ou Bill le mendiant non plus au hasard des rencontres, mais intimement. J’aimerais comprendre ce qui se passe réellement dans l’âme des plongeurs, des trimardeurs et des dormeurs de l’Embankment. Car j’ai conscience d’avoir tout au plus soulevé un coin du voile dont se couvre la misère. » Georges Orwell.

 

Editions 10x18


  • De quels ventres nous sommes sortis

         de Keith Lowe

 

La Seconde Guerre mondiale fut l'un des événements les plus catastrophiques de l'histoire de l'humanité. En quoi les épreuves et la mémoire de ce bain de sang et des liens qu'il a créés  affectent-elles le monde moderne ? En quoi les mémoires de violence, les rêves d'égalité et le désir de liberté que la guerre a engendré transforment-ils les pays et les communautés dans lesquelles nous vivons aujourd'hui ? Keith Lowe décrit et analyse une période de bouleversements géopolitiques, sociaux et économiques sans précédent. Il montre comment la peur  si prégnante durant le conflit et la liberté à laquelle le monde aspire en 1945 ont été les moteurs de la création de ce nouveau monde de l'après-guerre. Comment cette matrice a conduit des responsables politiques à imaginer des sociétés modernisées, certains aspirant à un gouvernement mondial, d'autres défendant l'indépendance. Il démontre enfin et surtout à quel point l'après-guerre, époque de terreur et d'émerveillement, trouve encore des résonances dans les débats actuels sur le nationalisme, l'immigration et la mondialisation que nous vivons aujourd'hui.

 

Editions Perrin


  • Chers fanatiques

         de Amos Oz

 

          Trois réflexions (Shalom la-Kana'im)

          Trad. de l'hébreu par Sylvie Cohen

 

"Combattre les extrémistes ne veut pas dire les anéantir tous, mais plutôt contrôler le petit fanatique qui se cache en nous..." Ces trois articles n'ont pas été rédigés par un expert ni un spécialiste, mais par un auteur dont l'engagement s'accompagne de sentiments mitigés» : c'est ainsi que le romancier israélien Amos Oz présente ce recueil d'essais, nés à l'occasion de conférences données depuis 2002. Il y propose une réflexion géopolitique qui se nourrit aussi bien d'analyses historiques, d'interprétations bibliques que d'anecdotes personnelles, afin d'exposer sa lecture du fanatisme, dans toutes ses acceptions possibles, et ses éventuels recours.

 Dans ce recueil qui peut se lire comme un prolongement de Aidez-nous à divorcer (2004), Comment guérir un fanatique (2006), et Juifs par les mots (2014), l'écrivain se saisit de l'actualité de son pays…

 

Editions Gallimard